N’Dama, Sam et Bailo, les rescapés d’un trafic

La Police guinéenne, la Justice et le Ministère délégué à l’Environnement et aux Eaux et Forêts appuyés par le GALF (Guinée-Application de la Loi Faunique) ont arrêté des ressortissants chinois impliqués dans le trafic de chimpanzés à Koundara. Durant cette vaste opération, le 2 juillet 2012, trois bébés chimpanzés ont été confisqués par les autorités du Parc National du Badiar et l’équipe du GALF, un projet de lutte contre la criminalité faunique coordonné par Charlotte Houpline.

Les « propriétaires » d’origine chinoise, poursuivis par la Justice de Koundara pour détention illégale d’espèces protégées, avaient l’intention de les exporter en Chine à la fin de leur mission.

 

La Guinée est identifiée comme étant une plaque tournante du trafic professionnel et organisé de grands singes vivants. Un nombre très important de chimpanzés ont en effet été illégalement exportés du territoire guinéen vers la Chine. Cette opération particulièrement importante intervient alors que le Gouvernement Guinéen est sous surveillance de la CITES, une convention multilatérale des Nations Unies qui réglemente le commerce international des espèces menacées d’extinction.

 

N’dama (du nom de la N’dama, Zone Intégralement Protégée sud du Parc National du Badiar), la petite femelle d’environ 1 an et demi, et les deux mâles Sam et Baïlo (du nom de Sambaïlo le siège du parc) d’environ 2 ans et demi ont été capturés tour à tour en août 2011 au sud du parc national du Badiar par des braconniers qui ont agi sur commande. Ils sont donc restés près d’un an en captivité. Après leurs confiscations, les chimpanzés ont été transférés au Badiar où un petit centre d’accueil (food-room, vet room) a été organisé, un soigneur formé et un programme de sorties en brousse instauré par le GALF. Depuis début août, Jane Goodall Institute Espagne apporte un soutien au GALF et au Badiar avec la participation de 4 biologistes qui prennent soin des chimpanzés.

 

Les chimpanzés, bien que mal nourris, sont en assez bonne santé. Ils étaient nourris par les chinois avec des œufs, des herbacés, quelques fruits mais pas de lait. Ils se sont jetés sur les fruits le jour de leur confiscation. Avec un régime alimentaire riche et varié, un traitement multi-vitaminé et des bigerons de lait, leur état s’est rapidement amélioré. Baïlo a depuis sa captivité un gros abcès purulent sur les fesses qui a largement diminué avec un traitement antibiotique adapté. Signe du stress et du traumatisme, N’dama se balance mais va beaucoup mieux avec les sorties en brousse quotidienne, elle redécouvre son habitat avec joie et il s’est avéré qu’elle connait très bien les fruits sauvages. Les sorties en brousse pour les deux mâles sont plus difficiles, ils ont passé un an sans sortir de leur cage et sont très stressés mais la situation s’améliore.

 

Le GALF appui le Parc et suit ce cas depuis près de 4 mois, des enquêtes à l’arrestation jusqu’au suivi juridique et a également permis d’assurer la nourriture et les soins médicaux des chimpanzés. Cependant, après un séjour de deux mois dans le parc, le GALF et le Badiar connaissent de réelles difficultés pour nourrir ces chimpanzés et ne peuvent plus les maintenir à Koundara, il devient donc urgent de les transférer au CCC.

 

Leur transfert se fera le 3 octobre. Le CCC ne pouvait pas les accueillir avant cette date faute de place et de personnel suffisant.

 

Nous n’aimons pas demander sans cesse, mais l’arrivée prochaine des 3 bébés rescapés du Badiar va être un très sérieux challenge pour le CCC, aussi bien en terme de moyens pour leur offrir des soins appropriés et une nourriture équilibrée, du personnel pour s’occuper d’eux ainsi que de la place. Le CCC approchera alors dangereusement de sa capacité maximale d’accueil.

 

Si vous souhaitez aider le CCC, n’hésitez pas à vous rendre sur la page AIDEZ-NOUS.

 

Nous aurons besoin plus que jamais de votre soutien pour accueillir dignement ces 3 petits rescapés pour leur offrir un avenir. Merci pour eux!

 


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