Causes de disparition

Causes de disparition des chimpanzés


Les 3 grandes causes de disparition des chimpanzés et des grands singes en général sont :

  • la destruction et la dégradation de leur habitat
  • le braconnage
  • les maladies

1. Destruction et dégradation de l’habitat

Les activités humaines à l’origine de la dégradation de l’habitat naturel des chimpanzés sont multiples :

  • Pratiques traditionnelles de culture, sur brûlis : les gens coupent les arbres, brulent le bois, et cultivent la terre totalement défrichée pour une période d’un à deux ans. Ensuite, la parcelle ne produisant plus, ils recommencent ailleurs. Les terres laissées derrière le passage de l’homme sont épuisées et mettront des années à se régénérer.
  • Plantations commerciales : palmiers à huile (pour les biocarburants ! aberrations écologiques !), café, cacao, bananes, etc… qui détruisent les forêts.
  • Exploitation du bois, légale ou illégale : la notion de légalité reste malheureusement floue et les contrôles effectifs des zones de coupes, des quantités coupées sont quasiment inexistants. L’exploitation illégale du bois est une pratique malheureusement courante en Guinée et dans bon nombre de pays africains. Elle est le fait de particuliers locaux, qui abattent anarchiquement les arbres, ou bien de grosses compagnies (étrangères) qui mènent une destruction massive, totale et irréversible de la forêt.

Feu de Savane

Lorsque cette exploitation est faite à petite échelle par des particuliers uniquement équipés de tronçonneuses, seuls les gros arbres sont abattus. La forêt peut donc quand même se régénérer car l’arbre a généralement eu le temps de fructifier et donc d’assurer la dissémination de graines. L’abattage total pratiqué par les grosses compagnies se traduit souvent par des « coupes à blanc ». Cette pratique crée des déserts, interdit toute reproduction des arbres et entraine des phénomènes d’érosion massifs qui perturbent l’écosystème à très grande échelle (ensablement des lagunes, des rivières…). L’installation de grandes compagnies d’exploitation du bois ouvre aussi des routes au cœur de forêts jadis inaccessibles. Le braconnage dans la zone est alors plus facile et la viande de brousse est très souvent sortie de ces forêts sur les camions de bois des compagnies forestières.

  • Les mines, exploitations de pétrole et de gaz : elles conduisent aussi à une forte dégradation des milieux. Même si certaines compagnies s’efforcent de respecter un cahier des charges souvent contraignant, d’autres ne montrent pas autant d’égards à ce problème, vu le faible nombre voire l’absence de contrôles. Les conséquences à long terme sur l’environnement sont multiples : destruction de l’habitat, pollution des sols et de l’eau (nappes phréatiques, cours d’eau), impact sur la géographie des sites exploités et érosion.

Un des effets directs de l’exploitation commerciale de la forêt (culture à grande échelle, coupe, activités minières ou autre) est l’arrivée sur le site d’une nouvelle population (travailleurs et familles) qui, pour se nourrir, cuire la nourriture, se loger, devra exploiter d’autant plus intensément la forêt. Les zones voisines du site d’exploitation subiront un impact direct par l’exploitation des ressources naturelles pour l’agriculture, la chasse, le bois de chauffe, etc

2. Braconnage

On peut distinguer deux types de chasse :

  • La chasse dite « familiale », pratiquée à petite échelle pour nourrir un village. Son impact global est limité en quantité mais bien souvent la notion d’espèce menacée reste un concept abstrait pour les chasseurs qui tueront aussi bien un céphalophe qu’un pangolin. Dans le même ordre d’idée, les périodes de chasses, qui existent dans les textes de loi, ne sont que très rarement respectées, perturbant ainsi la reproduction et donc la survie à moyen terme des populations
  • La chasse dite « commerciale » vise, elle, à alimenter les marchés de viande de brousse (grandes villes), à fournir les amateurs de « trophées » (peau, ivoire, crâne…) et à entretenir le commerce des animaux vivants. L’exportation illégale d’animaux exotiques vivants est une triste réalité, et son impact est d’autant plus grand que le pourcentage d’animaux survivant au « transport » est très faible, avec pour conséquence directe une nécessité de capturer un grand nombre d’animaux pour que suffisamment restent en vie. Les bébés chimpanzés sont parmi les premières victimes de ce genre de trafic. Attendries par la vue d’un bébé chimpanzé qu’un chasseur leur présente, certaines personnes achètent l’animal sans réfléchir, pensant ainsi lui sauver la vie. Malheureusement, l’activité étant de fait lucrative pour le chasseur, celui-ci s’empressera d’aller de nouveau tuer une mère, voire une famille, afin de pouvoir vendre un autre bébé. La chasse commerciale est souvent pratiquée à grande échelle, avec des armes de guerre et les dégâts sur la faune sont très importants.

Saisie réalisée lors de la lutte contre le braconnage

3. Maladies

Le chimpanzé est notre plus proche cousin. Malheureusement, il partage, à ce titre, un grand nombre de maladies avec nous. Les animaux sauvages n’étaient auparavant que très rarement en contact avec des virus ou bactéries responsables de maladies chez l’homme et leur système immunitaire n’est pas apte à combattre ces pathogènes. Le morcèlement de l’habitat, la présence toujours plus proche des populations humaines rendent les risques de contacts et donc de transmission toujours plus importants. Certaines communautés ont été décimées par des épidémies de grippe, de pneumonie ou autres, toutes d’origine humaine. En Afrique Centrale, des populations de grands signes (gorilles en particulier) ont été quasiment éradiquées suite au passage du virus EBOLA.

Les menaces sont donc multiples et il est bien difficile aujourd’hui de prévoir quel sera l’avenir des chimpanzés (et des primates, et de la faune sauvage en général) en Afrique. Il devient très urgent de protéger et préserver les espaces naturels (parcs nationaux, forêts classées,…) où nos cousins subsistent encore. Cela fait longtemps que l’on annonce leur extinction, mais maintenant nous en sommes très proches…